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Interview | Rencontre avec nos partenaires du Tour de Chauffe

Le festival Tour de Chauffe commence dans deux jours ! L’ARA a accompagné les groupes lauréats du tremplin avant leur passage sur scène. Comment est née cette collaboration ? Qu’est-ce qu’un accompagnement artistique ? On en discute avec Laurent, Jean-Christophe et Dorian, organisateurs du dispositif !

Depuis une dizaine d’années, l’ARA conseille les groupes lauréats du Tour de Chauffe, un dispositif qui permet à des musicien·ne·s amateur·e·s de la métropole de bénéficier d’un accompagnement personnalisé puis de jouer en première partie d’un artiste de renom à l’occasion du festival Tour de Chauffe. Rencontre avec Laurent Bostvironnois, directeur du Nautilys à Comines et membre fondateur de Tour de Chauffe, Jean-Christophe Martin, programmateur de la Ferme d’en Haut à Villeneuve d’Ascq et Dorian Briquanne, coordinateur du dispositif.

Tour de Chauffe existe depuis 12 ans. Comment est née l’envie de créer un tel dispositif à l’époque ?

Laurent  : Lille Métropole avait diffusé un appel à projet à destination d’un certain nombre de salles, qui sont devenues les Fabriques Culturelles aujourd’hui. À l’époque, je travaillais essentiellement sur l’accompagnement de la pratique amateur et on avait déjà l’habitude de travailler ensemble de manière informelle avec les Arcades et la Ferme d’en Haut. En voyant cet appel on s’est naturellement dit « Tiens, c’est l’occasion de structurer nos habitudes et de construire un parcours d’accompagnement spécifique ensemble. »

Comment est née la collaboration entre Tour de Chauffe et l’ARA ?

L.  : Après trois ou quatre éditions, on a contacté l’ARA parce que l’association avait déjà une expertise en matière d’accompagnement artistique. Pourquoi essayer de refaire tout le processus de création des parcours d’accompagnement nous-même quand la compétence était déjà disponible ? On a fait le choix de s’enrichir mutuellement.

Concrètement, comment se déroule un accompagnement de groupe ?

Jean-Christophe : La première étape, c’est de présenter un petit concert devant deux conseiller·ère·s artistiques de l’ARA (qui peuvent être ingénieur·e·s du son, musicien·ne·s expérimenté·e·s, en bref des gens du métier). Cela permet de faire une première évaluation des besoins du groupe, qu’on pousse à avoir une attitude active dans la démarche. On leur demande : « Quel est votre sentiment ? Qu’est-ce que vous aimeriez bosser ? » et les conseillers livrent ensuite leurs impressions. Ça peut être des remarques comme « Il faudrait travailler le chant, l’aisance scénique… ».

« Cela permet de faire une première évaluation des besoins du groupe [...]. On leur demande : « Quel est votre sentiment ? Qu’est-ce que vous aimeriez bosser ? ».

Dorian : Cette évaluation, c’est ce qu’on appelle le Bilan Scénique et Artistique. L’analyse commence dès l’arrivée du groupe dans la salle, son installation sur scène, sa façon de gérer les balances. La façon dont il se comporte donne déjà des indices sur les besoins que peut avoir le groupe. On enchaîne ensuite avec une semaine de résidence. On donne aussi l’opportunité aux groupes de passer en studio pour enregistrer un petit EP et enfin de se produire sur scène pendant le festival.

Quel est le profil des groupes qui intègrent le dispositif ?

J-C : Parmi les critères pour postuler, il faut que le groupe n’ait pas de manager, pas de contrat discographique, pas de contrat avec un tourneur. En revanche, on leur demande d’avoir un an d’existence minimum et d’avoir 40 minutes de set à présenter, sans reprises, avec exclusivement leurs propres compos. Il y a des groupes qui ont juste une pratique « récréative ». C’est-à-dire que même s’ils ont simplement envie de se produire de temps en temps, ils peuvent être accompagnés pour consolider leur set et présenter quelque chose de vraiment chouette au public. Il y en a d’autres qui viennent avec des ambitions plus larges, mais ce qui nous intéresse, c’est de faire évoluer la proposition artistique du groupe.
L. : Il n’y a pas d’objectif de professionnalisation ou de développement de carrière. Certains groupes peuvent donner cette impression parce qu’ils sont passés par Tour de Chauffe et quand on les voit on se dit : « Quand même, ils étaient avancés ! » mais en réalité, quand on les a sélectionnés, ça démarrait aussi pour eux !

Quelles sont les impressions des groupes accompagnés ?

J-C : Généralement, ils sont plutôt contents ! Quand on les recroise par la suite, ils nous disent la plupart du temps « Ça nous a vraiment aidé, boosté, ça a insufflé une nouvelle dynamique dans le groupe et nous a permis de franchir une étape importante. ».

Chaque année, une quinzaine de groupes de la région bénéficient du soutien de Tour de Chauffe. Le festival 2017 aura lieu du 9 novembre au 1er décembre, retrouvez toute la programmation sur le site du festival !


Illustration : Le groupe Harry Wilis Jane lors de sa résidence à la Ferme d’en Haut, accompagné par Nadège Romer, conseillère artistique de l’ARA.

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