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Dix-sept ans d’ateliers avec la Haute École Louvain en Hainaut

Chaque année en novembre, le quotidien de l’ARA est pimenté par l’arrivée d’une soixantaine d’élèves éducateur·rice·s de la Haute École Louvain en Hainaut. Le temps d’une semaine, ils·elles investissent nos murs (et ceux du Pôle Deschepper) et participent à des ateliers liés à l’univers hip-hop. Ce rendez-vous annuel perdure depuis 17 ans. Il était temps que nous vous en disions plus sur ce partenariat fidèle !

Nous avons posé quelques questions à Véronique, qui forme aux techniques d’animations artistiques et musicales ces futurs éducateur·rice·s spécialisé·e·s. Que représente ce stage dans la vie estudiantine des jeunes ? Quelles expériences vivent-ils·elles durant une semaine ? Retour sur cette tradition bien installée !

Bonjour Véronique, tout d’abord, peux-tu nous raconter quelle envie a porté ce projet d’ateliers ?

On a préparé cette semaine d’ateliers dans un cours précis : « activités d’intégration et de vie de groupe ». Notre objectif, c’est d’abord qu’ils·elles se rendent compte de ce qu’est la vie de groupe non-stop, 24/24, pendant une semaine. Plus tard, ils·elles vont travailler avec des personnes qui sont logées en institution et dont la vie de groupe est le quotidien. Ça n’est pas toujours facile à gérer, il peut y avoir des tensions. Nous, ce qu’on voulait, c’est qu’ils·elles se placent de l’autre côté du miroir pour qu’ils·elles comprennent mieux l’expérience de vie des bénéficiaires avec lesquel·le·s ils·elles seront amené·e·s à travailler.

Le 2ème objectif est de leur faire découvrir de nouvelles techniques d’animation, notamment dans les arts urbains (écriture rap, graff, danse hip-hop, percussions urbaines, etc.) et de leur donner l’occasion d’animer un groupe.
Ils·elles ont un travail à faire après cette semaine à Lille. Dans un premier temps, ils·elles doivent réfléchir à leur expérience de vie en groupe : « Comment je me sens dans le groupe ? Quelles ont été mes découvertes ? Mes déconvenues ? Comment ai-je géré les éventuelles tensions ? Quel lien puis-je faire avec le métier ? ». Il y a toute une analyse qui est faite. Dans un second temps, ils·elles doivent réfléchir aux techniques d’animation qu’ils·elles ont découvertes. « En tant qu’animé·e, comment ai-je vécu la semaine ? Quels ont été les points positifs et négatifs des ateliers ? Etc. ». À partir de ça, ils·elles doivent créer une activité d’animation pour un style de bénéficiaires de leur choix, parce qu’être éducateur·rice spécialisé·e, c’est très large !

Justement, quels sont les profils des personnes avec qui ces jeunes se destinent à travailler ?

Dans les métiers de l’éducation, tu peux travailler avec des personnes de tous horizons. En première année, ils·elles découvrent essentiellement le monde de l’enfance, ils font des stages avec des enfants (de 3 à 18 ans) qui peuvent être victimes de maltraitance ou autre. En 2ème année, ils·elles font un stage dans le monde du handicap (notamment mental, mais pas que). En troisième année, ils choisissent dans quel domaine ils·elles veulent se spécialiser. Ça peut être celui de l’enfance ou du handicap, mais ça peut aussi être dans la psychiatrie, le travail de rue, la toxicomanie, la prostitution. Les éducateur·rice·s spécialisé·e·s peuvent être amené·e·s à travailler avec des gens complètement différents.

Durant cette semaine, chaque élève participe tour à tour à des ateliers d’écriture slam, de danse hip-hop, de percussions urbaines et de graffiti. Qu’est-ce que cela leur apporte ?

Ils·elles rapportent des idées d’activités qu’ils·elles pourront proposer plus tard. Ça déclenche aussi des passions ! Par exemple, on retrouve souvent les percussions urbaines après plusieurs années dans leurs propositions d’ateliers. Cette année le graff a aussi fait un tabac ! Ils·elles sont déjà en train de préparer les journées portes ouvertes de l’école et ils·elles veulent animer un atelier graff à ce moment-là. Voilà ce que cette semaine leur apporte : des techniques d’animation qu’ils·elles emmagasinent et réinvestissent ensuite.

L’une des jeunes qui a participé aux ateliers témoigne :

« Peut-être que pour des jeunes qui sont en difficulté, qui ont du mal à s’exprimer, faire quelque chose comme le graff, ça peut leur permettre de trouver un moyen d’expression et de reprendre confiance en eux. »

Merci, Véronique, d’avoir pris le temps de répondre à nos questions pendant cette semaine bien chargée !


Avec les musiciens Steeve et James IzCray, les jeunes éducateur·rice·s ont écrit et composé un morceau en une journée. Le résultat est disponible à l’écoute ici :

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